Je ne parle pas du rêve américain avec ses deux têtes blondes, la maison à étage avec jardin et le labrador en prime. Quand je me pose la question: «Est-ce que tu es heureux?» je n’arrive même pas à y répondre.
Qu’est-ce qui définit le bonheur ?
En surfant sur le net, je suis tombé sur pas mal de définitions dont certaines remontent au XVIIè siècle en passant par d’innombrables courants de pensées et cela sans compter les multiples débats qui tournent plus à la masturbation intellectuelle qu’à une véritable réflexion.
Pour vous qu’est-ce que le bonheur ?
Je cerne d’ici les grandes lignes : un boulot bien payé et qui nous motive, quelqu’un avec qui partager notre vie, des enfants, des vacances au ski et à la mer… j’en passe et des meilleures…bref, le cœur de cible du club Med.
Il faut l’avouer, le citoyen lambda a une vie chiante à mourir : un boulot qui l’emmerde royalement avec un patron qui l’insupporte et cerise sur la gâteau une bonne heure dans les bouchons pour y arriver, mais bon il faut bien payer les factures.
Ensuite le compagnon idéal : un homme ou une femme censé(é) rendre notre vie passionnée et passionnante le tout dans un cadre digne d’un conte de fées.
J’ai eu une discussion récemment avec une jeune femme qui va passer le cap de la trentaine d’ici quelques semaines : eh bien ça lui a mis un coup.
Elle a pourtant tout pour réussir : boulot bien payé, mari et enfant… bref toujours ce fameux rêve américain. Et quand on creuse suffisamment on se rend compte que le boulot « de rêve » lui provoque des nausées le matin, que son mari n’est pas l’homme idéal (je cite : « je suis arrivée à un âge où on ne croit plus au prince charmant, j’ai pris ce qui s’en rapprochait…), le seul succès lui inspirant fierté et joie de vivre reste sa petite fille.
Alors là trois possibilités :
- son enfant est sa raison de vivre et cela lui suffit (déclaration noble de sa part mais peu vraisemblable)
- la morale collective, qui lui interdit de se plaindre ou d’émettre des regrets en public concernant sa progéniture.
- la naissance d’un enfant qui satisfait un instinct animal de reproduction : la perpétuation de l’espèce symbolisée par l’accouchement apporte un sentiment d’assouvissement qui s’apparente plus ou moins à la notion de bonheur (désolé messieurs vous n’êtes pas concernés).
On entre tous dans un schéma préétabli de réussite, qu’elle soit personnelle, professionnelle et sociale. Ce modèle a peut-être marché un temps (rappelez vous la génération de nos parents ou grands-parents dans une version édulcorée de la petite maison dans la prairie) mais il n’est plus d’actualité aujourd’hui.
On parle plus volontiers d’assouvissement des désirs individuels et personnels : par exemple les femmes d’affaires, les dingues de sport extrême, l’immersion quasi addictive dans une activité sportive ou culturelle. N’importe quoi qui nous empêche de réfléchir plus de trente secondes à l’objet de notre existence.
Et dire qu’on s’étonne du développement des sectes et de la facilité avec laquelle ils entraînent toujours et encore de plus en plus de membres ou encore du nombre de suicides en constante augmentation (pour ne pas citer les salariés d’une célèbre marque automobile).
Sans parler des troubles qui touchent nos jeunes, au choix : anorexie, boulimie, scarification, World of Warcraft (exemple léger mais qui illustre parfaitement le concept d’isolation virtuelle qui est en passe de devenir un véritable phénomène de société)…
Pour ma part, j’en suis amené à penser qu’il y a deux facettes au bonheur :
- celle apparente avec le schéma social préétabli que nous avons évoqué précédemment.
- Et un côté plus personnel, plus individualiste voire égoïste qui nous pousse à vouloir réaliser nos envies les plus secrètes.
Pour conclure sur ce vaste débat je dirais simplement que dans une époque où l’on s’intéresse davantage au pouvoir d’achat plutôt qu’à l’épanouissement personnel, je me pose beaucoup de questions dont la majorité ne trouvent malheureusement pas de réponse.
Et vous, êtes-vous heureux ?